Salut bonnes gens!
Cette contribution va en faire sursauter plus d’un(e). Vous la lirez à l’aune de votre « vision du monde » et de votre tolérance à la « normalisation de la déviance ». Il s’agit du clivage, qui peut virer en dissonance cognitive, entre les discours unifiants réitérés par l’idéologie dominante (médias, discours institutionnels, propos politiquement corrects*) et le Réel tel qu’abordé dans la Clinique et une pratique réflexive de l'analyse.
Les fructueux et nombreux échanges dans les forums (fora pour les maniaques) entre cliniciens (une bonne partie des membres de cette liste de diffusion) bruissent mezzo voce de constatations (études de cas, méthodes d’analyse, nosologie / étiologie / pistes thérapeutiques) quasi consensuelles, mais ces fragments sont indicibles publiquement: par prudence et/ou lâcheté (je bats ma coulpe aussi, navré de cette mondaine pusillanimité…)
Ainsi, 6 exemples, dans différents champs de pratique:
1) l’usage actuel d’un irénisme total produit, sous couvert de bienveillance excluant la coercition confondue avec l'emprise, un retour du refoulé compulsif et toxique: « enfants-rois » insupportables, « flemme » généralisée (cf. Les précédentes contributions: « Conscience situationnelle & paréidolie irénique », in Zeugma).
2) La prise en charge « psychiatrique » des enfants/adolescents, étayée par des études fondées sur du déclaratif et NON sur des cliniques différentielles (—> 9,5% des adolescents souffriraient de troubles anxieux -Santé Publique France-, 42% -!- éprouveraient des sentiments persistants de tristesse ou de désespoir -Centre pour le contrôle et la prévention des maladies-) se généralise.
La prise en charge institutionnelle (P.A.P., P.R.E etc…)
a) prend « au 1er degré » les propos des adolescents et les sketchs « opportunistes »
b) les prive partiellement de leur scolarité (suppression d’heures de cours, apprentissages « simplifiés » )
c) les isole du corps social en les séparant de leur pairs
d) induit le risque MAJEUR d’une assignation essentialisante chronicisée (—> « je suis dyslexique, dyspraxique, dyscalculique, hypersensible, bipolaire » , etc.) au lieu de considérer ces comportements comme des réponses opportunistes ponctuelles, étapes identificatrices « classiques »
e) s’abstient, par démagogie (« il ne faut pas mettre en cause les parents »…) , de critiquer les comportements des adultes (quérulence généralisée, paradigmes inconstants): il y a évitement de toute analyse systémique.
f) laisse de côté les enfants-ados en réelle déréliction et/ou englués dans des traumas indicibles (incesté.es: 3 élèves/classe de CM2!).
3) L'éducation des enfants dans une structure monoparentale est difficultueuse, voire toxique: comme il est quasi impossible de « jouer » À LA FOIS la Dyade ET le Tiers Séparateur, l’enfant a le plus grand mal à apprivoiser la Loi, l’Altérité, au risque de se cantonner aux postures soit de tyrans soit de victimes.
4) Le système éducatif (parental et scolaire) promeut la facilitation des « seuils » , dans un souci de « bienveillance », de « protection » et de « bien-être » : cela produit des « crying babies » qui refusent le travail (paresse) et sont experts à produire les comportements adéquats pour être « maternés » .
5) Les résultats des neuro-sciences sont travestis: les Institutions et les médias les utilisent pour essentialiser les individus, mais évacuent totalement la « PLASTICITÉ CÉRÉBRALE » (Konosrki, Bliss & Lomo etc…): l’individu est enkysté dans son « caractère », et n'entend pas que l’entraînement, le travail modifierait sensiblement son fonctionnement neuronal, et donc… ses performances et son rapport au monde: triomphe de l’homéostasie.
Ces 5 items sont largement présents dans la littérature scientifique, le 6ème, esquissé dans les forums, n’avait pas été développé; je rend hommage à Sabine Prokhoris pour avoir étudié le processus d’élaboration d'un « mythe collectif », au risque (avéré) de la censure .
6) Affaire Pelicot: comment un « discours unifiant » s’est « emballé » au point de s’imposer, balayant la Clinique, scotomisant le Réel, focalisant les anathèmes sur tout propos alternatif et… occultant, en devenant « fait de société », les victimes « ordinaires » du quotidien; vous trouverez en PJ les 36 pages d’analyse -brillante!-… que nous n’avons pas osé faire!
Vos commentaires, et contributions, mêmes critiques et comminatoires, sont les bienvenus!
* à toutes fins utiles, (re)lisez Bouvard et Pécuchet et le Dictionnaire des idées reçues : Flaubert est toujours aussi diachronique!
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